Le programme

Table des matières

Préambule : un projet réaliste et ouvert

Une méthode basée sur la coconstruction

Réinventer la démocratie par le bas est au cœur de notre programme. Ainsi, la première partie de notre projet est logiquement consacrée à démocratiser la politique locale par l’implication des citoyen·nes. Cela implique nécessairement que de nombreux projets, notamment d’investissement, ne puissent être des engagements fermes de notre programme puisque nous les mettrons au débat avec les habitant·es.

Nous avons néanmoins choisi de proposer ce programme complet, qui est ouvert à de nombreux endroits à la concertation ou la coconstruction avec les habitant·es et acteurs du territoire, afin de vous permettre de bien cerner nos valeurs et les priorités que nous défendrons. Être une liste citoyenne hors des partis, ça n’est pas être apolitique, nous assumons nos idées !

Une approche budgétaire sérieuse

Notre liste citoyenne a vocation à transformer la vie et transformer la ville : pour cela, il est absolument impératif que nos engagements soient faisables, et notamment budgétairement.

Pour cela, notre projet distingue deux catégories d’engagements :

  • sur le budget d’investissement, notre mesure centrale étant d’organiser en début de mandat une convention citoyenne des grands projets (Programmation Pluriannuelle d’Investissement), nous n’avons pris aucun engagement de réalisation nouvelle afin de ne pas fausser la codécision dans cette instance. Nous avons néanmoins indiqué au fil du texte plusieurs investissements qui nous semblent nécessaires et que nous défendrons auprès des habitant·es tiré·es au sort de cette assemblée ;
  • sur le budget de fonctionnement, nous sommes transparents sur la situation serrée du budget de la mairie aujourd’hui. Contrairement à ce que certains prétendent, il n’y a pas d’économies magiques à faire, la collectivité étant (de longue date) bien gérée et ses agent·es très engagé·es dans leur travail. Nous avons donc ciblé des mesures prudentes, et vérifiant leur faisabilité. La convention citoyenne permettra également de débattre de la question du niveau d’investissement requis, et donc en corollaire du budget de fonctionnement disponible (épargne nette). Par ailleurs, le travail important enclenché sur la recherche de financements devra être poursuivi et amplifié, y compris sur les projets en fonctionnement (fonds européens par exemple).

La coopération avec les autres niveaux d’institutions

De la même façon, nous ne faisons pas de promesses en l’air sur des questions qui ne sont pas des compétences municipales. Beaucoup de politiques essentielles à notre programme sont aujourd’hui exercées au niveau de l’intercommunalité (Grand Chambéry) : dans ce cas-là, nous précisons dans notre programme ce que nous comptons proposer et pousser auprès des autres communes. Nous indiquons clairement les mesures sur lesquelles une coopération avec d’autres institutions sera nécessaire, pour lesquelles nous garantissons notre pleine mobilisation.

Afin de permettre cette coopération avec les autres communes qui est la clef de la réussite de notre programme, nous nous engageons à ce que notre maire ne cumule pas avec les responsabilités de président de l’intercommunalité.

Ce programme étant co-construit avec vous et la période de campagne étant propice aux interpellations et demandes de précisions, il pourra évoluer à la marge dans les prochaines semaines.

Prendre soin… du dialogue et de la cohésion sociale

Informer, consulter, codécider

Pour commencer : une assemblée citoyenne sur les choix structurants

Rénover des écoles, construire une crèche, réhabiliter un grand équipement culturel, construire un gymnase, dé-imperméabiliser massivement la ville… On ne pourra pas tout faire sur un mandat ! Il nous semble nécessaire d’arbitrer ces différentes priorités de façon transparente et démocratique, en s’appuyant sur l’intelligence et les avis d’une large diversité d’habitant·es.

Nous organiserons donc des assemblées citoyennes (tirage au sort d’habitant·es représentatifs socialement et géographiquement de la population, formés et indemnisés), sur les choix structurants du mandat, et notamment la Programmation Pluriannuelle des Investissements (PPI). Nous nous appuierons sur les expériences réussies au niveau national (Convention citoyenne pour le climat) et local (Assemblée citoyenne de Poitiers).

Ouvrir les portes de la mairie et accepter la contradiction

De nombreuses instances gagneraient à être ouvertes aux habitant·es et acteurs du territoire (associations, entreprises, etc.). Nous mettrons en place des commissions extra-municipales thématiques, ouvrirons les comités de pilotage aux acteurs concernés, et intégrerons les quartiers dans la priorisation des travaux du quotidien. Ces instances seront des propositions de la municipalité mais elles ne pourront vivre que les si les habitant·es s’en emparent, y compris de leur co-animation.

Par exemple, nous mettrons en place un comité de pilotage incluant des parents, des agents et des acteurs agricoles pour le futur modèle de la restauration collective à Chambéry.

Nous pousserons également la mise en place d’un véritable service de l’implication citoyenne à Grand Chambéry, en lien étroit avec la ville, pour les compétences intercommunales (urbanisme, écologie, grands équipements, etc.).

Par ailleurs, l’ouverture ne peut se faire sans un véritable droit d’interpellation clair et gradué pour assurer la représentativité des interpellations (par exemple : 50 signatures : médiation élus/services / 200 signatures : atelier citoyen / 3000 signatures : votation d’initiative citoyenne), en complément des questions citoyennes au conseil municipal. Cela permettra aux habitant·es de mettre à l’agenda les questions qui les préoccupent, en sortant d’une vision seulement descendante de la participation.

Enfin, l’information est le premier droit des citoyen·nes : nous proposerons de nouveaux formats éducatifs (exposition, jeu sérieux) sur les grands enjeux des politiques publiques municipales (urbanisme, budget de fonctionnement, etc.). De la même manière, répondre aux personnes qui sollicitent la mairie est la première étape de la démocratie : nous continuerons d’améliorer les méthodes de réponse, y compris en assumant des réponses négatives ou quand nous ne savons pas, pour ne pas laisser dans l’incertitude.

La participation pour toutes et tous

Les instances participatives sont aujourd’hui trop monopolisées par les « toujours les mêmes ». Pour permettre une véritable représentativité, nous privilégierons le tirage au sort pour les instances-clefs. Nous porterons également une attention à l’information envers les publics concernés, à l’adaptation des horaires et des modalités de concertation, à l’utilisation des formats ad-hoc et l’expérimentation avec les usagers (jeux sérieux, marches exploratoires, ateliers, chantiers participatifs, etc.). Nous mettrons en place des temps d’implication dédiés pour travailler les enjeux spécifiques à nos jeunes, nos aînés ou encore par quartier, et/ou des instances thématiques coconstruites avec les associations et acteurs du territoire (conseil consultatif des aînés, conseil municipal jeunes avec un parcours d’engagement citoyen).

Une attention particulière sera portée à la participation des plus fragiles d’entre nous : dès le début du mandat, l’Analyse des Besoins Sociaux sera conduite de façon participative avec les associations pour assurer une participation réelle des premiers concernés, usager·es et professionnel·les de terrain, afin d’orienter les politiques sociales.

Enfin, la lutte pour l’égalité femmes/hommes est un combat permanent, que nous continuerons de mener à la fois dans les institutions (tête de liste féminine, délégations stratégiques à la mairie et vice-présidences à Grand Chambéry) et dans la symbolique (poursuite du travail de nomination de rues).

Co-construire le service public de demain

Dans un contexte financier contraint, nous ferons des habitant·es des acteurs et pas simplement des consommateurs du service public : chantiers citoyens et chantiers jeunes avec les services de la ville, partenariats renforcés avec les associations, participation à la vie des espaces publics (relance des permis de végétaliser, potagers en ville, « clean walks »). Nous soutiendrons les initiatives des habitant·es par la poursuite du déploiement du budget d’initiative citoyenne, en lien avec les conseils de quartier. Un modèle de financement 50/50 (cofinancement des initiatives proposées par les habitant·es et la ville).

Se rencontrer et créer du lien

Faire vivre les cultures

Nous poursuivrons la politique d’accès à toutes et tous à la culture, pour que chacun et chacune se reconnaissent et puissent s’exprimer et s’émanciper (programmation « hors les murs », tarification solidaire, exploratoire culturel, droits culturels, etc.). Afin de promouvoir la culture comme socle de cohésion sociale, nous continuerons de développer la politique du « 100 % Éducation Artistique et Culturelle » qui permet à chaque classe de vivre un projet culturel avec des artistes en lien avec les équipements culturels de la ville.

Nous ne promettons pas de nouveaux festivals ou des événements spectaculaires : le tissu culturel chambérien est déjà riche et le protéger dans un contexte compliqué nationalement sera déjà un engagement fort. Nous encouragerons les complémentarités et les dispositifs permettant de faire émerger les initiatives des artistes locaux : poursuivre et renforcer l’accompagnement à la création et à la diffusion (par exemple : Chambé sur scène, faire du Scarabée le lieu des expérimentations des Droits culturels en l’ouvrant à tous les créateurs ), favoriser et coordonner de nouvelles propositions transversales et populaires en lien avec la Direction de la culture et la communauté créative locale.

Créer du lien dans tous les quartiers

Nous faciliterons le travail en coopération, à l’échelle de chaque quartier avec les acteurs et associations qui sont les chevilles ouvrières du vivre ensemble, de l’implication des habitant·es dans la mise en œuvre de projets qui les concernent. Nous poursuivrons et développerons le travail engagés avec les Centres Sociaux autour de pactes de coopération pour, entre autres, faciliter réflexions et actions à l’échelle de la commune et nous élargirons cet engagement réciproque, à l’ensemble des structure de l’Animation de la Vie sociale (espaces de vie sociale). Nous expérimenterons la création de tiers-lieux légers coconstruits avec leurs usagers, par exemple aux Écuries de Boigne (possible lieu autour de l’environnement) ou sur le site de l’ex-Champ de tir (possible lieu de stockage & création culturelle).

Le lien social comme premier maillon de la sécurité

La fragilisation du lien social entraîne une montée des tensions et du sentiment d’insécurité dans notre société. Nous maintiendrons les moyens alloués à une police municipale tournée vers la proximité et le lien aux habitant·es, dans la continuité du projet de service adopté sous le précédent mandat. Nous poursuivrons également la politique RH ambitieuse qui permet d’avoir des effectifs complets, prérequis absolu avant tout développement de nouvelles actions. La police municipale ne peut être que complémentaire des autres forces de sécurité, nous poursuivrons donc une coopération exigeante avec les services de l’État. Nous continuerons également de soutenir les dispositifs de médiation, associatifs et citoyens, qui doivent toujours être la première réponse aux tensions. Nous maintiendrons et développerons si possible le dispositif des correspondants de nuit, qui a fait ses preuves. Enfin, le sujet de l’éclairage public a fait l’objet de nombreux débats, parfois instrumentalisés. En étant conscients des implications financières (coût de l’énergie et des investissements importants p. ex. pour passer à de l’éclairage avec détecteurs), nous proposons d’organiser des groupes de travail par quartier avec les habitant·es pour piloter son évolution. Ces ateliers et des marches exploratoires permettront de faire un état des lieux de l’insécurité réelle et du ressenti d’insécurité, et d’ajuster précisément aux besoins (rallumage ciblé, adaptation des horaires, installation de détecteurs sur certains axes).

Prendre soin… des habitant·es et des solidarités

La municipalité n’est pas compétente sur tous les sujets, mais elle a une responsabilité de faire sa part pour protéger, accompagner, et permettre à chacun·e de s’épanouir.

Une place pour toutes et tous dans la ville

Nous lutterons activement contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient liées au handicap, au racisme, ou à la précarité, en écoutant la parole des concerné·es, pour que les différences ne soient plus vues comme des handicaps.

Lutter contre le racisme et toutes les formes de discriminations

Si la montée de l’intolérance et du racisme dépasse la situation chambérienne, notre municipalité fera son maximum pour lutter contre, en amplifiant les actions déjà menées comme la Quinzaine de l’Égalité. Nous continuerons de développer les actions du Conseil de la laïcité, instance qui a fait ses preuves.

Nous instaurerons également une commission ou conseil sur la lutte contre les discriminations, et un plan d’action, qui permettra une évaluation des problématiques, une meilleure connaissance du sujet par les acteurs institutionnels et par les services municipaux. Cette commission pourra s’inspirer de la méthode expérimentée dans d’autres collectivités (comme à Villeurbanne) : conscientisation des discriminations systématiques, y compris non intentionnelles ; engagement des acteurs : changement de pratiques.

De la même façon, la discrimination contre les personnes LGBTQIA+ n’a pas sa place à Chambéry. Nous soutiendrons et faciliterons la création d’un centre LGBTQIA+ en Savoie, et continuerons de promouvoir l’inclusion notamment dans le sport (actions de sensibilisation) et auprès des étudiants.

Se donner les moyens de l’inclusion

L’administration municipale doit accueillir et écouter la population chambérienne dans sa diversité. Pour cela, nous redynamiserons une commission sur l’accessibilité universelle dotée de moyens réels, associant les personnes concernées, pour tous les types de handicap. Nous poursuivrons les méthodes participatives comme les marches exploratoires, ou la concertation sur les aménagements de voirie. Nous proposerons des dispositifs du type Angela pour identifier les lieux (services publics, commerces) formés à l’accueil des personnes en situation de handicap (notamment neuroatypiques). Nous travaillerons aussi avec les associations sur le soutien aux aidant·es.

L’accessibilité au sport pour toutes et tous sera une priorité, comme activité de lien et d’épanouissement et pas seulement de performance. Nous développerons les parcours piétons pour connecter davantage les Chambérien·nes à la nature qui nous entoure et rendre plus visibles les parcours trop méconnus en ville (Parc de la Calamine, Montée Valérieux, Parc du Talweg, etc.), et nous ajouterons des bancs publics pour faciliter les déplacements des seniors.

Protéger contre toutes les violences

La lutte contre les discriminations implique également de s’engager activement contre toutes les formes de violences, physiques ou psychiques. Nous engagerons un plan partenarial municipal de lutte contre les violences, qui impliquera les différents partenaires (État, bailleurs sociaux, CCAS) pour améliorer l’accueil, l’hébergement d’urgence, le partage d’expertise et la formations des agent·es, et l’écoute des premier·es concerné·es.

La lutte contre les violences sexuelles envers les enfants sera une de nos priorités, dans la continuité du travail déjà enclenché notamment via le Projet Éducatif de Territoire. Nous encouragerons le déploiement des EVARS (Espaces Vie Affective Relationnelle et Sexuelle) en lien avec l’Éducation nationale et le périscolaire municipal, ainsi que de systèmes d’alerte pour les enfants (type « Boîte aux lettres Papillon »).

La solidarité et l’accueil comme droit

L’accès aux droits est la première étape de la solidarité : le taux de non-recours est bien trop élevé sur de nombreuses aides et prestations sociales. Pour cela, nous mettrons en place une carte solidarité unique, qui simplifiera l’accès aux services gratuits et aux tarifications solidaires dans les services municipaux (cantine, culture, sport) et si possible intercommunaux (transports, piscine, patinoire, eau). Ce système unifié et uniformisé (grille unique basée sur le quotient familial et les revenus) permettra de généraliser les tarifications solidaires et de simplifier les démarches pour les usagers comme pour les administrations. Il pourra être étendu à d’autres acteurs qui souhaiteraient s’y associer (État, associations, communes voisines, etc.).

Nous poursuivrons aussi le déploiement de l’expérimentation du Territoire zéro non-recours avec Grand Chambéry, qui permet d’aller vers les personnes à leur domicile. Si le gouvernement rouvre la possibilité de lancer des Territoires zéro chômeurs de longue durée, nous animerons également une réflexion avec les acteurs du territoire pour tenter d’en devenir lauréats.

Nous poursuivrons les politiques de solidarité pour les plus vulnérables, et notamment les personnes sans domicile fixe, en lien avec les associations et grâce à la rénovation prévue de l’accueil de jour. Nous faciliterons de nouvelles formes de solidarité, avec les commerçants (réseau le Carillon pour proposer gratuitement des produits ou services) et les entreprises (projet Bureaux du cœur pour l’usage de locaux professionnels comme hébergement d’urgence).

Nous soutiendrons également les dispositifs d’accueil des personnes migrantes, en créant un guide de bienvenue sur le territoire et en promouvant la culture de l’accueil dans les administrations, en lien avec l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants.

Enfin, la solidarité doit également se vivre à l’international : nous ferons vivre les coopérations lancées par la ville (Burkina Faso, Liban, Maroc, Albanie). Nous étudierons également les possibilités d’un jumelage et/ou une coopération humanitaire avec une ville ou un camp de réfugié en Palestine.

Bien grandir, vivre sainement, bien vieillir

Prendre soin, c’est d’abord s’occuper de la santé de chacun, dès le plus jeune âge. Si la santé n’est pas une compétence municipale globalement, la ville peut intervenir à de nombreux niveaux, notamment pour garantir un environnement et une alimentation saine.

Une restauration collective saine et locale au cœur d’un projet alimentaire

Nous ferons de la restauration collective le pilier d’un nouveau projet alimentaire pour la commune, à la fois dans les cantines des écoles mais aussi pour les tous-petits (crèches) et les seniors (CCAS). La construction d’une nouvelle cuisine centrale, si possible mutualisée avec des communes voisines, permettra de continuer d’augmenter la part de fait maison, de local et de bio. Ce projet sera coconstruit avec ses usagers, dans la continuité de la concertation déjà impulsée notamment avec les parents (« Comité cuistot »).

L’objectif étant de garantir à chaque enfant un repas équilibré par jour, nous mettrons également en place un dispositif ciblé pour proposer des petit-déjeuners aux enfants en ayant le besoin (ou dans des écoles en zone prioritaire), en lien avec les enseignant·es et les parents (possiblement en partenariat par une association, comme à Lyon).

Cette nouvelle cuisine sera adossée à une ferme pédagogique qui assurera une partie de l’approvisionnement et surtout permettra de faire découvrir aux enfants l’ensemble de la chaîne de l’alimentation. Elle sera localisée sur un terrain accessible, choisi collectivement par les communes participantes, comme par exemples les Champs Courts à Bissy. Elle sera opérée selon un mode de gestion sous contrôle direct des communes (syndicat avec les autres communes, société d’économie mixte ou société publique locale).

Nous travaillerons avec Grand Chambéry (qui a la compétence agriculture) sur le développement des filières agricoles locales, afin que la restauration collective communale soit un levier pour le développement de l’autonomie alimentaire du territoire. L’expérience à en effet prouvé qu’il ne sert à rien de promettre une augmentation de la part du bio ou local sans travail approfondi avec les acteurs agricoles. Nous pousserons donc pour cela l’adoption d’un véritable Projet Alimentaire Territorial (PAT) à l’échelle de l’agglomération, ou à défaut de la ville. Nous proposerons également une commission ou un conseil citoyen de l’alimentation pour le copiloter, ainsi que les différentes initiatives autour de l’alimentation.

Nous promouvrons enfin ces coopérations pour éviter l’artificialisation des terres nourricières aux différents échelons (intercommunalité/PLUI-HD mais aussi Schéma de Cohérence Territoriale avec Grand Lac et Cœur de Savoie, Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers, et Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’égalité des territoires).

Avoir le droit de bien se nourrir

Au-delà de la restauration collective, le droit à une alimentation saine doit concerner toute la population. Nous soutiendrons l’expérimentation de Sécurité Sociale Alimentaire portée par la CAF, la MSA et la monnaie locale l’Elef, en aidant son déploiement et sa pérennisation. Nous proposerons de la compléter d’outils pour renforcer le pouvoir d’agir des populations précaires afin qu’elles puissent acquérir une alimentation plus saine et plus durable sans dépenser plus : ateliers collectifs et un accompagnement individuel à partir des achats réels des participant·es volontaires (dispositif Opticourses en partenariat avec le CHMS) ; groupements d’achats dans les quartiers.

Nous travaillerons également sur l’autoproduction alimentaire et la réappropriation des savoir-faire agricoles, notamment via le déploiement de jardins potagers urbains pour les habitant·es, avec les associations. Nous proposerons de nouveaux modèles comme « le Potager de mon Pote Âgé » (mise en contact entre propriétaires de terrains cultivables et jardiniers potentiels sans terrains), avec le soutien des services des espaces verts de la ville (mise à disposition d’outils, de conseils, grainothèque).

Nous expérimenterons également le dispositif de l’ordonnance verte, qui donne accès à un accompagnement dédié et à des paniers de fruits & légumes bios aux femmes enceintes pour les protéger des perturbateurs endocriniens (sur le modèle de Strasbourg).

Accompagner tous les parents

La réforme du service public de la petite enfance offre une opportunité pour développer davantage de services. Nous proposerons la création d’une nouvelle crèche à l’assemblée citoyenne sur les grands projets, une proposition qui semble déjà faire consensus. Nous travaillerons également sur les autres modes d’accueil, notamment en facilitant la création de Maisons d’Assistantes Maternelles (MAM) pour pallier à baisse du nombre d’assistantes.

Nous poursuivrons les efforts engagés pour redynamiser le périscolaire, notamment par la formation des agent·es municipaux (notamment sur l’inclusion), l’amélioration de leur encadrement, et par la poursuite de leur dé-précarisation. L’augmentation des horaires du périscolaire est également une demande de longue date des parents : elle a cependant un coût important. Nous engagerons un dialogue global avec les parents pour envisager cette augmentation en lien avec une réforme de la tarification, avec une grille plus progressive pour ne pas pénaliser les plus modestes d’entre nous.

Enfin, nous accompagnerons et soutiendrons l’implantation de lieux-ressources qui créent du lien social et aident les parents dans leur quotidien, notamment par la concrétisation du projet de Maison de la parentalité.

Bien vieillir dans la ville

La lutte contre les solitudes est un enjeu pour toutes les générations, et notamment les seniors. Nous testerons différents dispositifs pour aller vers les personnes isolées : volontariat citoyen, renforcement du réseau associatif, poursuite de l’expérimentation CCAS/Cristal Habitat sur la prévention de la perte d’autonomie. L’implication citoyenne étant encouragée à tout âge, nous proposerons également des formations de participation adaptés (comme le conseil consultatif des aînés, ou les marches exploratoires déjà cités).

Nous publierons également un guide pratique pour les seniors, rassemblant des informations sur leurs droits, sur les activités et loisirs à leur disposition, les modes de déplacements, etc. (sur le modèle par exemple de la ville de Lyon). Nous mettrons une attention particulière à la question du sport-santé et de la possibilité de faire de l’exercice pour les seniors, que ça soit dans les associations et équipements ou par l’aménagement urbain (cf. plus bas).

Enfin, nous défendrons le modèle existant d’établissements d’accueil de qualité, publics et à tarifs accessibles (EHPAD, résidences autonomies), et poursuivrons le déploiement de la mutuelle communale, qui permet de proposer des tarifs plus accessibles pour les habitant·es non couverts.

Prendre soin... de notre environnement et notre avenir

Pouvoir se déplacer librement

Conforter la ville apaisée

L’évolution des modes de transport entraîne toujours des tensions. Maintenir une ville apaisée implique de s’y adapter, et ne pas sombrer dans l’immobilisme.

La marche restant le premier mode de transport, nous poursuivrons le travail de dialogue de proximité sur les aménagements pour sécuriser les cheminements piétons. Nous proposons donc de conforter et rendre plus lisible le principe de « ville 30 » déjà amorcé. Nous proposerons la mise en place d’un « code de la rue » (exemple de Paris ou Toulouse) afin de communiquer clairement et simplement sur les règles de bonne cohabitation en ville. Enfin, nous développerons de nouvelles expérimentations de piétonisation, comme les « dimanche sans voitures » (par exemple rue de Boigne).

Un autre enjeu majeur est d’accompagner la très forte hausse de la part de cyclistes,à la fois par l’éducation (stages de remise en selle, contrôles pédagogiques) mais aussi en proposant des infrastructures adaptées (nous pousserons pour une augmentation des investissements cyclables par Grand Chambéry). Nous porterons une attention particulière aux liaisons cyclables vers les quartiers, et vers les communes périphériques : rond-points du Stade et de Buisson Rond, liaison vers Cognin, Hauts de Chambéry.

L’usage de la voiture doit être autant que possible réservé aux personnes qui n’ont pas d’alternatives, et avec des véhicules les moins polluants possibles. Nous promouvrons ainsi au niveau de Grand Chambéry l’accompagnement des ménages précaires devant se doter d’un véhicule moins polluant (notamment si maintien de la Zone à Faibles Émissions), et étudierons la mise en place d’une modulation du tarif du stationnement en fonction du poids des véhicules.

Enfin, notre mesure phare sera la mise en place systématique des « rues aux enfants » aux abords des écoles, qui vise à transformer temporairement ou définitivement la rue adjacente à une école en un espace piéton, sécurisé et dédié aux enfants et à leurs familles, notamment aux heures d’entrée et de sortie des classes. Ces espaces, qui pourront être accompagnés de végétalisation et d’aménagements pour favoriser les mobilités douces seront également des lieux d’échange.

Une offre adaptée pour trouver le bon mode de transport

Le développement des transports collectifs dépend de Grand Chambéry et des échelons supérieurs : nous y défendrons la réalisation du réseau unique Montmélian/Chambéry/Aix-les-Bains incluant un bus en site propre vers Technolac. Nous proposerons également l’extension des horaires de bus en soirée sur les liaisons principales, les arrêts à la demande, et les combinaisons de mode de transport vélo + bus (comme cela se fait dans d’autres villes).

Nous poursuivrons le déploiement de l’autopartage, le soutien au covoiturage, et le déploiement de nouveaux types de véhicules (par exemple la location de tricycles électriques à la Vélostation, plus simples à prendre en main ; ou une annexe de la Vélostation avec des vélos électriques sur les Hauts de Chambéry).

Se loger et cohabiter harmonieusement

L’urbanisme et le logement sont des compétences aujourd’hui intercommunales, notamment via l’opérateur Cristal Habitat. La commune peut néanmoins avoir un rôle d’impulsion et de contrôle pour répondre à cette préoccupation majeure des habitant·es.

Continuer de construire en équilibrant la densification

Il faut protéger nos zones agricoles et naturelles de l’artificialisation : cela implique de plutôt reconstruire la ville sur la ville. Cette densification peut néanmoins susciter des tensions si elle est faite sans dialogue. Nous continuerons et amplifierons la démarche d’urbanisme négociée, en mettant au cœur du dialogue les collectifs d’habitant·es. Nous proposerons aux acteurs une charte du bien construire pour s’assurer que les projets immobiliers ne soient pas construits sans contrôle de la mairie et du quartier (avec possibilité de recourir aux dispositifs d’interpellation citoyenne si nécessaire).

Nous encouragerons également les nouvelles formes de logement, notamment l’habitat participatif qui permet de densifier les usages en mutualisant des espaces communs.

Un logement décent pour toutes et tous

Nous poursuivrons les politiques entamées pour lutter contre l’habitat indigne : dispositifs Opérations Programmées d’Amélioration de l’Habitat et Renouvellement Urbain (OPAH-RU) et Opération de Restauration Immobilière (ORI), exonération fiscale pour travaux de rénovation thermiques, projets avec Action Logement.

Nous poursuivrons également la rénovation thermique du parc social programmée par Cristal Habitat, avec une attention particulière au dialogue avec les locataires, et la création de nouveaux logements sociaux dans les quartiers en construction.

Nous continuerons également les travaux sur la mise en place de l’encadrement des loyers, suite à la mise en place programmée d’un observatoire des loyers avec l’ADIL.

Nous lutterons enfin contre la précarité énergétique en facilitant l’autonomie des habitant·es : conseils et aides ciblées, formation à l’auto-fabrication ou installation (en lien avec l’Asder), groupements d’achat ou centrales citoyennes (Energicime).

Défendre la ville du quart d’heure

La ville du quart d’heure, c’est une ville où chacun peut accéder en moins de 15 minutes, à pied, à vélo ou en transport en commun, aux services essentiels du quotidien (commerces, santé, école, culture, espaces verts), ce qui suppose de mieux répartir l’offre dans les quartiers et de lever les freins de mobilité et d’accessibilité physique.

Chambéry bénéficie d’un centre-ville dynamique, et nous poursuivrons le dispositif Cœur de ville notamment pour la lutte contre la vacance commerciale, avec un dialogue soutenu et apaisé avec les commerçants (manager de commerce). Cependant, la ville de demain devra avoir des services dans tous ses quartiers. Nous prioriserons donc l’action de Cristal Habitat dans les quartiers, pour assurer une offre de commerces et de services de proximité. Cette action ira de pair avec un soutien aux initiatives locales d’animations, avec les commerçants et les collectifs de quartier.

Dans une logique de durabilité, nous accompagnerons les commerces vers l’économie circulaire. Par exemple, le pôle d’économie circulaire de Rubanox porté par Grand Chambéry pourra devenir à terme un levier concret pour les commerçants, en leur offrant des outils, des espaces et un accompagnement pour intégrer l’économie circulaire dans leur activité quotidienne.

Nous porterons une attention particulière à l’accessibilité à la santé, en soutenant la création de maisons de santé / centre de santé dans les quartiers, en lien avec la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé Chambéry Agglo’.

Enfin, nous défendrons la transition des zones commerciales et tertiaires de la commune (Landiers) et du territoire (Technolac) vers plus de densité et vers la mixité des usages, afin de réduire l’étalement urbain. Nous continuerons donc de nous opposer à la ZAC 3 de Technolac dans les instances décisionnaires (Chambéry Grand Lac Économie) et à plaider pour une réorientation du projet préservant les zones agricoles nourricières.

Préparer une ville durable et robuste

Être exemplaires collectivement et individuellement

La rénovation thermique des bâtiments municipaux est une obligation réglementaire mais aussi un impératif pour prendre notre part dans la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Elle fera évidemment partie des priorités proposée à l’assemblée citoyenne sur les grands projets. De même, nous poursuivrons le déploiement d’un Réseau de chaleur urbain vertueux enclenchée sur le précédent mandat.

Nous poursuivrons également le déploiement du plan de mobilité ambitieux mis en place pour les services de la ville, en continuant la transition à l’électrique mais aussi la réduction du parc de véhicule, en s’appuyant notamment sur la mutualisation avec d’autres acteurs et notamment les opérateurs d’autopartage.

Nous continuerons également une politique ambitieuse de mobilisation de la commande publique de ville en faveur de l’écologie mais aussi de l’insertion et de l’économie sociale et solidaire, en finalisant le Schéma de Promotion des Achats Socialement Responsables.

Si l’investissement public est nécessaire pour s’attaquer aux principales sources d’émission, nous accompagnerons également l’évolution des comportements individuels. Il est essentiel pour cela de changer les imaginaires, en luttant contre les publicités contradictoires aux objectifs nationaux climatiques, d’égalité ou de santé. Nous pousserons donc Grand Chambéry à faire appliquer le Règlement Local de Publicité Intercommunal ambitieux adopté sous le précédent mandat. Nous pousserons également l’interdiction de publicités pour les produits, services et messages qui portent atteinte à des intérêts publics tels que la santé, le climat ou l’égalité homme/femme. La définition de ces messages non souhaités pourra faire l’objet d’une concertation avec les habitant·es et les acteurs économiques.

Une ville respirable face au changement climatique

L’adaptation au changement climatique est malheureusement déjà une réalité. Nous poursuivrons et amplifierons la démarche globale de dé-imperméabilisation et de verdissement de la ville en développant notamment les corridors et îlots de fraîcheur dans les lieux de lien social (parcs, places, écoles, pieds d’immeubles, lieux de pratique sportive), En particulier, nous terminerons la végétalisation des cours d’écoles, en les ouvrant sur le quartier comme espaces verts quand cela est possible.

La concertation et les chantiers citoyens permettront de poursuivre le travail de verdissement de la ville dans tous les quartiers pour viser la règle 300/30 %/3 (voire 3 arbres de son domicile, 30 % de couverture de la canopée dans le quartier, habiter à moins de 300 mètres d’une espace vert, comme le fait par exemple la métropole de Lyon). L’indice de canopée urbaine (part de la ville couvert par la cime des arbres) sera suivi de façon transparente et publique, quartier par quartier.

Nous poursuivrons également le travail sur la « trame bleue »réseaux de milieux aquatiques (rivières, canaux, étangs, zones humides, etc.) et de corridors écologiques liés à l’eau, intégrés dans l’aménagement urbain, en proposant des projets lui donnant plus de place en ville (par exemple vers le quartier Curial / Malraux avec le ruisseau de la Calamine).

Si la rénovation thermique proposée (cf. ci-dessus) permet aussi une amélioration du confort d’été, nous proposerons également des petits travaux (ventilateurs/brasseurs d’air notamment) permettant des améliorations à court termes notamment dans les écoles.

Enfin, ces mesures permettront aussi de protéger la biodiversité. L’expertise du service des Espaces verts, en partenariat avec les structures locales, permettra de continuer de développer la gestion différenciée (moins de tontes inutiles, fauche tardive, prairies), l’usage de plantes locales et adaptées au climat, la protection des sols vivants mais aussi des pollinisateurs (par la diversité florale sur une longue saison, la pratique du zéro pesticide, les prairies), et la création micro-habitats reliés entre eux (corridors de biodiversité qui relient parcs, écoles, berges, jardins, friches et pieds d’immeubles).

Renforcer la résilience collective

Face aux chocs climatiques, nous renforcerons la résilience collective en s’appuyant non seulement sur la préparation et sur la sécurité civile mais aussi en organisant l’entraide et la formation des citoyen·nes. Nous renforcerons le Plan communal de sauvegarde d’un volet résilience, à travers des scénarios concrets (canicule, crue, tempête, accident majeur), des plans de continuité, et des exercices réguliers et retours d’expérience publics.

Nous expérimenterons des réseaux d’entraide par quartier, en construisant sur les services publics (CCAS, mairies de quartier) et les associations déjà présentes : relais d’information, repérage de l’isolement, animation d’un réseau de « voisins-référents », identification de lieux-refuges (en lien avec les différentes initiatives de solidarité proposées plus haut).